Il ne faut pas promulguer la loi sur les retraites !

Il ne faut pas promulguer la loi sur les retraites !

Très solennellement, je demande au Président de la République de ne pas promulguer la loi sur les retraites, en dépit de sa validation par le Conseil constitutionnel.

Il est clair que la réforme des retraites se heurte à l’opposition des travailleurs, des organisations syndicales et d’une immense majorité des Français. J’avais fait connaître mon opposition à cette réforme dès les législatives 2022. J’avais indiqué qu’une réforme était possible, celle par points. Elle permettait de préserver les intérêts des femmes, des salariés ayant commencé à travailler jeune et des salariés confrontés à des problématiques de pénibilité et de danger. La réforme par points avait surtout un mérite : offrir à chacun le droit de partir quand il le désirait et de bénéficier d’une pension proportionnelle aux années cotisées.

64 ans, c’est l’inverse. On impose, sans distinction, un « âge pivot » qui est vécu à juste titre comme une « punition » par nos concitoyens. 2 ans de perdus ! Pour de très nombreux Français, c’est insupportable.

Le Président de la République est garant de l’unité de la Nation. C’est sa responsabilité. En promulguant précipitamment cette loi, il condamne son quinquennat et, plus grave, il fracture notre pays.

J’ai voté la censure pour qu’une autre démarche soit adoptée, plus attentive aux Français, plus respectueuse des organisations syndicales. J’avais signé le RIP pour que nos concitoyens puissent s’exprimer sur un sujet qui les concerne au premier chef.

Notre pays connaît, à l’évidence, une crise politique, démocratique et culturelle. On ne peut pas continuer ainsi. Laurent Berger avait suggéré une médiation, il avait raison.

En dépit de la décision du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron est perdant dans cette séquence. Les Français qui vont devoir travailleur deux ans de plus, alors que le financement de notre système de retraite n’est pas pour autant conforté, sont également les perdants. En fait, tout le monde perd. Je crains qu’il n’y ait qu’un gagnant, le Rassemblement national.

Nous sortons de cette période, divisés, sans perspectives, avec un peuple qui ne se sent pas respecté. C’est plus qu’un échec, c’est un naufrage.